deux × 3 =

5 × 1 =

Pour cette troisième journée des Paradis Artificiels, ce sont deux artistes originaires de Trinité-et-Tobago, Calypso Rose et Kobo Town, qui sont venus réchauffer le coeur du public lillois.

Avant d’accueillir Calypso Queen sur scène, le public du Sébastopol a eu le droit à une magnifique première partie qu’est le groupe Kobo Town. La bombe tropicale est lancée et les airs de Calypso envoutent les spectateurs. La pop groovy de Drew Gonsalves suscite un entrain certain et le public n’hésite pas une seule seconde à se lever afin de se trémousser sur des airs venus de la côte-est de l’Amérique Latine. De plus, avec sa barbe de 3 jours, ses cheveux en bataille, son petit veston et sa cravate rouge, le chanteur en fait craquer plus d’une à en entendre quelques remarques lancées dans le public. On peut aisément parler d’une fantastique surprise et d’une superbe mise en bouche.

Puis vint le moment tant attendu. Du haut de ses 77 ans, Calypso Rose arrive le sourire aux lèvres sur scène. Un sourire significatif, traversé par de multiples émotions. Impossible de ne pas se prendre d’affection pour celle qu’on surnomme la Calypso Queen. Et le concert est lancé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Calypso Rose est au meilleur de sa forme malgré un léger souci à la hanche. La chanteuse aux plus de 800 chansons et 20 albums fait danser le public qui reprend en coeur les refrains. Au premier rang, on aperçoit un drapeau de Trinité-et-Tobago s’agiter. Incontestablement, les fans sont là et veulent se faire entendre.
Entre chaque chanson, Calypso Rose conte des passages de son enfance et donne au public de réelles leçons de vie. Derrière la chanteuse se cache une militante, une féministe hors pair. Après s’être assurée que dans le public aucun homme ne bat sa femme, Calypso Rose entame son tube qu’est Abatina. Toutes les générations sont représentées et dansent au son de la voix suave de la Queen.

Calypso Rose, c’est également un déhanché fantastique. La chanteuse nous le prouve, ce n’est pas son âge qui lui empêchera quelconque danse du ventre et autres mouvements de bassins spécifiques au calypso. À cela se joignent quelques tendres baisers donner aux hommes du premier rang. Avoir 77 ans n’empêche en rien de se jouer des hommes, bien au contraire…
À la vue d’une telle performance scénique, on ne peut qu’espérer être comme elle à son âge.
Et comme si son sourire ravageur ne suffisait pas, Calypso Rose, le coeur sur la main, remercie le public en saluant toutes les personnes des premiers rangs et distribue des albums à quelques personnes présentes.

Mais si cette soirée était si réussie, c’est également grâce à la force et au talent de ceux qui entouraient la reine du calypso sur scène. Saxophone, trombone, batterie, synthétiseur, basse, guitare électrique, choeurs : chacun a eu droit à un petit solo afin de montrer ses compétences, ce qui n’a pu que ravir le public.

C’est chantonnant Abatina que l’on quitte le théâtre Sébastopol, le coeur léger et empli de soleil venu tout droit de Trinité. Une chose est sûre : on aimerait que notre vie soit un éternel concert de Calypso Rose.

Merci à Astrid Chevalier pour les photos.