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Le groupe californien Portugal. The Man se produisait à Lille le 29 septembre pour l’une de ses rares dates en France. Installés dans la salle du Splendid comme à la maison, John Gourley et sa bande ont fait vibrer une salle pleine avec leur signature rock particulière…

Woodstock, c’est le nom du dernier album de Portugal. The Man qui tend à populariser le groupe à l’international depuis sa sortie le 16 juin 2017. Avec “Feel It Still”, le groupe a bénéficié d’une visibilité internationale, le propulsant sur de nombreuses radios françaises pendant l’été. A l’international, le groupe s’est hissé dans le top des diffusions.

Portugal. The Man nous livre un concert à la fois coloré et sombre. Pour cause : le dispositif de lumières principal est un vidéoprojecteur qui anime le fond de scène. En conséquence, la scène est éclairée de toutes couleurs sans toutefois que l’on puisse distinguer avec précision les membres du groupes. L’identité est avant tout musicale et non visuelle ou associée à des personnalités artistiques.

“Nous sommes Portugal. The Man, juste pour s’assurer que vous êtes au bon concert”

Le groupe nous propose une rétrospective de sa discographie avec des chansons de leurs trois albums précédents. On est surpris par d’anciens titres comme “Got It All”, “Once was One”, ou encore “All Your Light”. Bien conscient de sa popularité moindre en France qu’en Amérique, Portugal. The Man joue de sa mise en scène pour créer une connexion avec le public sans pour autant s’adresser à lui par la parole. Pour se faire, du texte en français est projeté en fond de scène à certains moments du concert. Une des premières slides affiche “Nous sommes Portugal. The Man, juste pour s’assurer que vous êtes au bon concert”. Un peu plus tard, le groupe vente son show 100% live et instrumental, sans aucune utilisation d’ordinateur.

“Et oui, aucun ordinateur sur scène, que des instruments live”

L’identité mystérieuse, presque invisible du groupe sur scène se complète par des tenues très sombres et épaisses (non pas qu’il fasse trop froid à Lille). Les vestes en cuire sur lesquelles il est écrit “The Lords of Portland” font clin d’œil au deuxième nom du groupe, qui leur permet d’exister en tant qu’artistes sans être attachés à une maison de disque (Portugal. The Men sont signés chez Atlantic Records). On a eu très chaud pour le chanteur John Gourley qui a gardé son bonnet sur sa tête pendant le concert.

La majorité des titres interprétés sont issus de Woodstock, dernier album du groupe. Parmi les meilleures interprétations, “So Young” qui est notre titre préféré de l’album et “Noise Pollution”. Sur cette dernière chanson, on peut entendre des paroles en français, en référence aux attentats qui ont touché la France : “I know my right, Je t’aime Paris. Live or die like, C’est la vie. With my fist in the air, Je suis Charlie“. Un moment fort pour Portugal. The Man, qui n’était pas venu se produire en France depuis 2013. 

Portugal. The Man ne cache par ses références musicales en rythmant le concert de reprises et medleys d’artistes comme AC/DC (“Hells Bells”), Oasis (“Don’t look back in Anger”) ou encore Pink Floyd (“The Wall).

L’incontournable “global smash it” “Feel It Still” était évidemment de la partie en fin de concert : court avec moins de 3 minutes, simple, mais d’une efficacité redoutable. On regrettera sur ce formidable concert une amplification des aiguës beaucoup trop fort, saturant au point d’avoir en un peu mal aux oreilles… Mais après tout, aller à Woodstock c’est prendre des risques !