4 × trois =

cinq × quatre =

 

Nous entendons souvent dire par rapport au développement humain que “tout se joue pendant l’enfance”. Et si cela était aussi vrai pour l’amour du théâtre? 

 

Le festival d’Avignon (et le théâtre en général d’ailleurs) n’est pas réservé aux adultes. Loin de là! La preuve : le nombre d’affiches et de prospectus qui circulent dans la ville pour des spectacles jeunes publics. Nous voilà donc en route pour les chemins de l’enfance…

Notre soirée de la dernière fois s’est donc achevée devant Pays des Démons, spectacle de théâtre chinois mêlant danses et masques qui nous emmène au cœur d’un pays où les gens trouvent beau ce qui est laid et laid ce qui est beau. Bien évidemment, comme l’on peut s’en douter, “ce qui est laid” est figuré par des masques traditionnels chinois absolument somptueux, faisant du spectacle un conte féérique tout sauf laid.

C’est l’histoire d’une tentative d’évasion, où le personnage, seul humain parmi les démons, va faire la rencontre d’une ribambelle de personnages. Cette pièce nous a beaucoup touché, notamment par son esthétique, mais également par la performance de danseurs aux entrées pertinentes et à la coordination époustouflante. Et puis, nous ne pouvons que dire de la mise en scène (de Mia Zhao) qu’elle est extrêmement juste, dans la mesure où elle parvient à équilibrer la présence simultanée de quelques 15 comédiens, et ce sur une petite scène ! Un travail précis pour un spectacle de qualité. 

Allons bon, quittons le pays des démons pour aller vers celui… des chaussettes ! La compagnie Elefanto, créée à Toulouse, propose un spectacle de cirque sur le thème du genre. Ici pas de trapèzes, de sauts ni d’animaux domptés, mais une salle intimiste et des petites cascades tout en douceur.  Le décor de la chambre d’enfant avec les jouets en bois crée un environnement rassurant. La lumière tamisée crée des ombres, véritables compagnons de route pour les acrobates.

Les deux artistes jouent avec les codes couleurs : bleu et rose, et nous montrent une vision décomplexée du corps. Le plaisir des circassiens se fait sentir tout le long de la représentation et ça fait du bien ! L’intrigue mériterait cependant d’être plus développée ainsi que la performance physique qui reste un peu timide. Plus d’acrobaties seraient les bienvenues pour plus de plaisir.

Pour terminer, parlons d’autisme. Après un long temps de documentation, la compagnie Entre deux rives a mis sur scène Dans ma tête. C’est l’histoire de Romain Poisson, une personne de 33 ans atteinte d’autisme. Dans la salle, tout est rayé noir et blanc. Un bruit de pendule nous accueille. Puis le spectacle commence. Le comédien incarne à la perfection le personnage : son corps tendu rend compte de toutes les sensations qu’il reçoit aussi bien visuelles que sonores ou olfactives. Aucun problème de rythme n’est à déplorer, ce qui rend la représentation d’autant plus crédible.

Nous découvrons ensuite toute l’ingéniosité du plateau. L’estrade en bois est composée de petites trappes, les “tiroirs de la pensée” où Romain Poisson range ses affaires. Dans le fond comme dans la forme, ce spectacle fait preuve d’une intelligence et d’un soucis du détail certains.

Alors n’hésitez pas à y emmener vos enfants, ou à vous y rendre vous-même !

 

Pays des Démons
du 6 au 21 juillet
 22h 30 Théâtre Laurette

Une ballade sans chaussettes
du 7 au 28 juillet
10h30 et 16h30 collège de la salle

Dans ma tête
du 7 au 30 juillet
10h30 Collège de la salle

Alice Schemid et Alexandre Bron