cinq × deux =

11 − cinq =

En parallèle de ses vidéos sur Youtube, que ce soit en individuel ou avec son collectif du Woop, Mister V (de son vrai nom Yvick Letexier) se lance un nouveau défi et sort son premier album de rap.

Avec ses vidéos sur le Rap et le R’n’B, ou son apparition dans le clip On Verra de Nekfeu, Mister V a toujours été passionné de musique et l’a continuellement prouvé à son public composé aujourd’hui de plus de 3 millions de personnes sur Youtube, et plus de 4 millions sur Twitter. Son premier album est l’avènement d’un fantasme qui trottait dans la tête du grenoblois depuis sa plus tendre jeunesse. Il le dit lui même dans une de ses vidéos “Ah ouais, si j’avais pu j’aurai été rappeur !“. Alors, rêve réalisé avec succès ?

Le premier morceau de Double V a être clippé et dévoilé au public sur internet fut Top Album. Même s’il ne convainc pas à la première écoute, on se rend rapidement compte que le morceau s’ancre totalement dans l’univers du Youtuber : des paroles décalées aux teintes humoristiques mais toujours un minimum sensées. La prod’ de Geronimo Beats, qui l’accompagne depuis longtemps dans ses compositions musicales (notamment sa série de vidéos musicales SAPASSOUPA), est bonne, ce qui en fait un morceau agréable, mais qui ne peut qu’être affilié aux précédents clips de Mister V tournés pour sa chaîne Youtube. La sortie de Double V est donc le moyen de savoir si cet album est une réussite ou une vaste supercherie.

Space Jam, en featuring avec Hayce Lemsi et Volts Face, est sans nul doute le meilleur morceau de l’album. Teasé à la fin du clip précédemment cité, ce morceau ne pouvait que susciter notre curiosité, notamment par la référence au film de Joe Pytka avec Michael Jordan et Bugs Bunny. Le flow est bon, particulièrement celui de Hayce Lemsi, rappeur déjà reconnu à l’origine de morceaux comme Je t’aime moi non plus, Mercy ou Le bon chemin. Les paroles font dans l’humour, comme nous le prouve le premier couplet :

« Ton daron il a pas de cheveux
Depuis qu’il a 8 piges on l’appelle monsieur
Il est tellement vieux qu’il a une 4 chevaux
J’connais bien les chevaux car j’ai la même queue »

C’est donc la première réussite de l’album. Et que ce soit dans Space Jam ou dans les autres morceaux, les paroles sont toujours truffées de références filmiques, musicales, littéraires ou en lien direct avec l’actualité. Ainsi Mister V cite Toy Story, 2Pac, Christophe Dugarry, Tortue Géniale ou encore Desiigner et son tube Panda. Assez hétéroclite, il faut l’avouer.

Le rap de Mister V est un rap sans prise de tête, un reflet de ce qu’est le gaillard. Le rappeur ne flanche jamais dans l’insulte facile, les tournures sont réfléchies, les jeux de mots sont omni-présents. La plume du grenoblois nous offre quelques pépites d’humour qu’il est bon de découvrir en décortiquant les paroles des différents morceaux.

D’ailleurs, le rappeur a su bien s’entourer pour Double V. Son featuring avec Samy Ceezy dans Deutsche Qualitat, est une réussite, tout comme Apollo 13, morceau dans lequel le grenoblois est accompagné de Juice. Toutefois, Gville, en featuring avec Tortoz, est quant à lui légèrement en deçà des autres. On constate donc qu’après s’être armé du soutien de ses potes lors de son parcours sur internet, Mister V les remercie en rappant avec eux.

On regrette que certains morceaux soient bien trop auto-tunés pour être réellement appréciables, c’est le cas de Demain ou Venice. L’excès d’effets vocaux amoindrit la qualité de ces sons, c’est indéniable, alors qu’ils sont extrêmement bien amenés dans Cendrillon. Mais comme le dit Mister V dans ThérapieMerci pour l’auto-tune, maintenant j’suis dans les bacs“.
Enfin, comme ultime bémol, on déplorera le fait que les beat sont souvent trop similaires, ce qui fait de Double V un album cyclique aux tonalités peu variées. On aurait aimé plus de fantaisie de la part du grenoblois.

Mais à l’écoute de l’album, on perçoit toutes les influences d’Yvick qui s’étendent de Drake à Booba, en passant par Deen Burbigo, T-Pain ou Chris Brown et bien d’autres. Un panel d’artiste comme une source d’inspiration pour Mister V.

Enfin, le rappeur l’annonce dans Thérapie : “Ce n’est que le début.“. Il faut donc s’attendre à ce que Mister V continue dans la voie du rap durant un certain temps.

Malgré les quelques craintes que l’on pouvait éprouver, Double V est globalement réussi, même s’il n’est en rien révolutionnaire et que la qualité des morceaux est hétérogène. Si d’autres albums viennent à sortir dans le futur, Mister V devra tout de même faire un choix plus concret entre rap “humoristique” ou rap “sérieux” afin d’acquérir une entière crédibilité en tant que rappeur auprès du public.

Tracklist :
01. Top Album
02. Venice
03. Petit déjeuner
04. Deutsche Qualität (ft. Samy Ceezy)
05. Demain
06. Nightcall
07. Apollo13 (ft. Juice)
08. Bulletproof
09. Space Jam (ft. Volts Face & Hayce Lemsi)
10. Gville (ft. Tortoz)
11. Thérapie
12. Cendrillon
13. Bonobo (Bonus Track)

Mais finalement, faire un album, c’est Mister V qui en parle le mieux :