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Le 28 novembre, Naâman se produisait pour un concert complet à La Rodia accompagné de son beatmaker Fatbabs et de son crew les Deep Rockers. Entre tournée des festivals cet été et sortie de son nouvel album “Rays of resistance” le 30 octobre dernier, le jeune chanteur de reggae sillonne les routes de France pour défendre ce nouvel opus, beaucoup plus proche de ses attentes. Rencontre.

 

Salut Naâman ! Est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?
Alors moi c’est Naâman, artiste enchanteur, chanteur de bonnes vibes (rires) pour pas trop dire reggae parce que tu vois c’est une étiquette, on a tendance à dépasser un peu les limites. Ca fait quelques années maintenant que je chante et j’ai sorti mon deuxième album qui s’appelle « Rays of resistance » le 30 octobre.

Donc ça fait un mois qu’il est sorti, tu as eu des bons retours ?
On est contents on pensait pas avoir d’aussi bons retours.

C’est pas la première fois que tu viens dans la région, tu étais venu cet été au festival Rencontres&Racines à Audincourt, tu as aussi fait la Festival de la Paille. Et tu as tourné le clip du titre « Outta road » à Audincourt, pourquoi cette ville ?
Ah oui c’était super ! On l’a tourné là-bas parce qu’il fallait qu’on tourne un clip vite fait (rires), on a demandé au festival « est ce que vous avez pas une vieille voiture pour faire un clip ? » et ils nous ont ramené cette vieille voiture, c’est hallucinant un festival qui nous file une bagnole donc on l’a fait là-bas forcément.

C’était vraiment cool, l’ambiance à Rencontre&Racines, le show-case au yard, ton live sur scène… Il y avait du monde !
Tu as enregistré ton deuxième album à Paris, « Deep rockers : Back a yard » tu l’as enregistré à Kingston, est ce qu’il y a une différence par rapport aux influences, à l’enregistrement ?
Ben ouais, on est chez nous forcément on fait ce qu’on veut on se prend la tête sur beaucoup moins de choses. En Jamaïque, c’était les Jamaïcains du studio qui géraient les horaires, qui géraient les musiciens qui devaient jouer sur l’album… Donc c’était pas vraiment nous qui avions les rênes, on les avait mais pas autant que là on les a eu. On a passé beaucoup plus de temps en studio puisque c’est des amis, on a fait 2 mois de studio alors que le premier on a fait 2 semaines.

Quelle est la différence entre ce deuxième album et le premier ? Nous trouvons qu’il est plus posé mais surtout métissé au niveau des styles, « Those rays » était par exemple plus hip hop que ce que tu fais habituellement par rapport à « House of love », c’était différent. Tu as voulu faire quelque chose qui te plaisait plus ?
Je ne voulais pas m’éloigner de quelque chose en particulier mais plus me rapprocher de moi-même. J’avais 2 semaines en Jamaïque pour enregistrer un album issu d’une mixtape avec un concept qui était le reggae hiphop à 90 BPM en fait et du coup on pouvait pas s’éloigner de ça.
Alors que là pour la première fois on a commencé à faire ce qu’on voulait faire. Moi j’ai commencé la musique je faisais de la guitare tout seul. On m’a dit que c’était du reggae mais la guitare acoustique c’est pas du reggae (rire), ça peut être tout et n’importe quoi : y a plein de morceaux qui sont hors de tout style qu’on ait pu faire mais pourtant, juste la guitare ça rassemble tout.
Après il y a des trucs vraiment différents c’est juste qu’on a pu aller dans les styles qu’on voulait sans vraiment penser à quel style ça pouvait être, on a juste suivi notre vibes.

Tu t’es pas dit « je vais faire un album reggae en faisant ça, ça, ça », tu t’es dit « je vais faire comme j’ai envie » ?
Ouais voilà c’est ça. C’est juste qu’on a vu qu’on avait 20 morceaux on s’est demandé comment on allait équilibrer pour pas qu’il y ait uniquement du hiphop parce que sinon ça ne me ressemblerait pas. C’est à ce moment là qu’on a commencé à penser à trier les morceaux.

Du coup on a vu que tu voyageais pas mal : tu es allé au Népal, au Liban, en Inde, en Jamaïque… Est-ce que tu partages ta musique là-bas ou c’est plutôt pour te ressourcer ?
C’est plus pour me ressourcer. Mais je partage aussi parce que tu sais ça me rattrape toujours (rires). Je pars tout seul en sac à dos et je finis avec une foule de je sais pas combien de personnes sur une plage. C’est des voyages que je fais pour me ressourcer à la base mais voilà je me ressource avec la musique.

Après avec le deuxième album tu pourrais faire une tournée là-bas ou peut-être à l’international ?Avec ou sans ça se passe super bien. Par exemple, je suis parti sans aucun plan en Inde et j’ai joué tous les 2 jours dans plein d’endroits. Il y a vraiment moyen de tout faire il faut juste pas jouer tous les jours non plus pour garder la santé (rires).

On a vu qu’en hiver tu as l’habitude de rentrer en Jamaïque, cet hiver avec la sortie de l’album tu vas faire pareil ?
J’ai encore plus de raisons d’y aller cette année justement pour diffuser le CD et tout ! Mais j’ai vachement envie de retourner en Inde et j’ai qu’un mois donc je pense que je vais faire 2 semaines en Inde, 2 semaines en Jamaïque. C’est chaud parce que c’est pas beaucoup, je suis en train de me tâter je n’ai pas encore pris mes billets…

Tu aurais un spot favori en Jamaïque ?
Ca dépend en fait, pour l’instant mon spot c’est à 9 miles de Kingston, c’est une maison au bord de la place où il y a personne, juste les vagues qui cassent contre la cuisine, c’est beau. Mais mon spot favoris je ne l’ai pas encore trouvé, il me faut un endroit vert je pense là-bas c’est que de la mer et du sable, j’ai besoin d’arbres et de verdures.

La franche-comté regorge d’endroits verts si tu veux… Et du coup tu as enchaîné la tournée des festivals cet été, la sortie de l’album et tu reprends la tournée en ce moment, tu n’es pas trop fatigué ?
Ca va, on apprend à gérer l’énergie, il faut apprendre à se gérer ! Je suis sur la route encore un bout de temps, au moins jusqu’à octobre.

Comment tu appréhendes ton show de ce soir ?
Je sais que ça va être sympa, on me parle de LA Rodia depuis longtemps. L’organisateur (Le Bruit Qui Pense) nous a checké il y a longtemps, il est super cool, déjà il y a des supers vibes. Je m’en fais même pas, j’ai la tête sur scène et je sais que ca va bien se passer.

Et le mot de la fin, à quoi te fait penser le mot « pedromadaire » ?
A un pote à moi qui s’appelle Pedro et qui est complètement taré et du coup j’aurais très bien pu l’appeler Pedromadaire !