11 + quatorze =

12 − cinq =

Jeudi 15 septembre dernier, nous étions présents au concert de Boulevard Des Airs (BDA) à Lille, dans la salle du “Splendid”. C’était dans le cadre de la tournée de leur second album “Bruxelles” que BDA était de passage, et nous n’avons pas résisté à l’appel de la soirée. La dernière fois que nous avions vu le groupe sur scène, c’était en 2012 pour tournée de leur précédent album Paris-Buenos Air.

Lors de notre arrivée, la première partie de Mathieu SaÏkaly ambiance déjà fortement le public, le climat dans ce “Splendid” (salle du siècle dernier, avec un charme fou) est très familiale, on est surpris par un tel enthousiasme et par une salle pleine une heure avant le show de la tête d’affiche du soir.

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Après un court moment d’attente, le groupe Boulevard Des Airs envahit la scène du Splendid et débute avec le premier titre “Mundo Loco”, celui-ci permet d’installer rapidement et efficacement un climat de fête et de folie au sein du public.  A peine les premiers applaudissements tombent-ils que déjà une fan s’écrie “FLOREEEEEEEEEENT”; le membre du groupe, surpris, répond alors un simple “Ouui!?”. La proximité est d’ors et déjà là, et persiste tout au long du concert. Le groupe est là avec le public, pour le public. On ressent alors cette drôle et agréable sensation de faire partie du concert, d’en être non seulement spectateur mais aussi acteur en interagissant avec le groupe.

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Sur scène ils sont au minimums 8, tous jouent d’un instrument, deux se démarquent avec leurs micros : les deux voix masculines du groupe. Les titres du précédent album et de Bruxelles s’enchaînent sans que l’on ne voit le temps passer, nous sommes ensorcelés par les différents cuivres qui font raisonner les mélodies franco-espagnoles. La force de ces nombreux instruments apporte un côté très live, très pur. “Après Demain”, “de bon Matin”, “Bruxelles”, “Ici”, “Mentira”… le public atteint un degrés d’intégration comme on le voit rarement : ça saute, ça chante. BDA n’hésite pas à le faire participer en orientant un micro vers celui-ci pendant les reprises de refrains. Après lui avoir fait croire qu’il n’avait rien compris, on nous explique que “quand c’est allumé dans la salle, vous pouvez faire la réponse. Et quand c’est éteint, bah c’est fini d’accord?”.

Pour introduire le titre phare “Emmène moi”, qui a été très largement médiatisé depuis l’été 2015, on nous parle d’un air de guitare n’ayant abouti à rien lorsque l’album était entrain d’être bouclé. On nous raconte alors que le pianiste avait suggéré “vous devriez garder l’instrumentale au cas où”. Après un passage en studio, quelques paroles inventées,  “vous devriez l’enregistrer”, puis pour finir “vous devriez la mettre sur l’album, on verra bien ce que ça donne”. Devant ce tube, l’ambiance monte encore d’un cran, la chaleur dans la salle aussi. A la fin du titre qui reprend en boucle “Emmène moi voir la mer…”, la scène s’éteint. Un spectateur ose alors, pendant un silence, dire “Ohh bah ils sont partis voir la mer?!”…

“Lille, t’es pas assez bruyant, tu nous la fait pas à nous! On est déjà venu j’sais pas combien de fois au Splendid!”

Le groupe demande plus de bruit à un public, qui en réalité en fait déjà beaucoup. Après une réponse toujours plus dynamique, l’un des chanteurs du groupe admet “Ils sont un peu foufous, mais pas timide”.

Le collectif quitte la scène avant que des rappels insistants et forts ne le fassent revenir de plus belle. “Si je M’endors Mon Amour” est interprété avec la présence d’une voix féminine (ce qui provoque une jolie rupture avec le reste du concert où les paroles sont majoritairement interprétées par les voix masculines du groupe), avant “Ce Gamin là”… Intervient enfin LE titre par excellence de Boulevard Des Airs : “Cielo Ciego”. Une première introduction calme du tube laisse ensuite place à une version au rythme amplifié. C’est un véritable délice et il semble que toute la salle soit en harmonie, partageant mouvements et paroles. Le morceau se terminant par des “la la la la” qui remplacent la mélodie, on a des frissons lorsque le public reprend l’air de la chanson, quand bien même le groupe sur scène, lui, a fini son interprétation.

Le silence n’a guère le temps de s’installer qu’encore une fois de nouveaux rappels retentissent. On entend de nouveau “Floreeeeeeeeeeent” : le membre du groupe, dans le noir sur scène rétorque alors “Oui oui, c’est toujours moi! Bon, on va voir ce que l’on peut faire”.

Pour terminer ce concert en beauté, l’interprétation du titre “Je m’Excuse Pas” se produit au milieu même de la foule qui s’est écartée pour faire une place au groupe, descendu rejoindre les fans avec quelques instruments et sans aucun système d’amplification sonore. Ce moment de partage privilégié fait partie de ceux dont l’on se souvient longtemps, qui nous rappellent à quel point le rapport public-artistes peut être intense. La tournée de Boulevard des Airs se poursuit jusqu’au 11 décembre 2015, il serait dommage de les manquer s’ils croisent votre chemin!

Voici ci-dessous une vidéo enregistrée et publiée sur le web par un(e) spectateur(e) de la soirée :

Crédits Photos : Pierre Convers