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Ce samedi 11 février s’est tenue une journée entièrement dédiée au monde de la fantasy et à Tolkien. La médiathèque de Roubaix, organisatrice de l’événement, a accueilli les fans de cet univers à partir de 11h jusqu’au soir. Au programme : conférence, table ronde, menu elfique, initiation aux jeux de rôle… Tout ça en présence d’auteurs du genre et de fans de la première heure.

Le travail titanesque de Tolkien

Tout le monde connaît Le Seigneur des anneaux, mais moins de personnes s’intéressent à la vie de son auteur J.R.R Tolkien. C’est ce que nous propose de faire Jean-Rodolphe Turlin grâce à sa conférence autour de la vie de l’auteur. Passionné de jeux de rôle dans sa jeunesse, il a finalement délaissé cette pratique pour consacrer son temps libre à l’histoire de la Terre du Milieu mais pas seulement. Écrivain quand le temps lui permet, il nous affirme que Tolkien a changé sa vie. Un article sur L’Internaute lui est d’ailleurs consacré. Et l’on peut comprendre pourquoi, tant l’oeuvre de Tolkien a été importante. S’il a été l’instigateur d’un genre axé autour de la quête initiatique et de fortes valeurs, l’auteur anglais a également marqué toute une littérature par la cartographie qu’il a mise au point.

La conférence nous permet de comprendre l’ampleur du travail de Tolkien, qui est d’ailleurs qualifié d’ “oeuvre-monde”, pour citer Vincent Ferré, chercheur spécialiste de l’écrivain. Au fil des explications, la fantasy apparaît comme un genre qui a influencé toute une génération d’auteurs, de réalisateurs ou encore de concepteurs de jeux. Aujourd’hui reconnu comme un genre littéraire “sérieux”, la fantasy passionne les chercheurs et doctorants, qui sont chaque année plus nombreux à étudier le sujet.

L’univers de Tolkien et de la fantasy inspire les écrivains et les éditeurs…

Un univers qui rassemble

Il ne semble pas de meilleur mot que communauté pour parler de la passion qui rassemble les fans de Tolkien. Une association lui est d’ailleurs entièrement dédiée, Tolkiendil, qui réunit les épris de fantasy francophones à travers le monde entier. Fondée en 2003, cette association essaie de faire découvrir Tolkien et son monde à travers des revues et de nombreuses rencontres. Nul n’a besoin d’être connaisseur! Tolkiendil s’adresse aussi bien aux initiés qu’aux novices. Ce qui est parti d’un petit stand au salon de l’imaginaire a depuis pris de l’ampleur. Site internet, forum, conférences, magazine : le but est de réunir les adhérents, que ce soit pour échanger sur le sujet ou créer des contenus. Même si Zelphalya (de son vrai nom Audrey Morelle, présidente de l’association) nous explique que le nombre d’adhérents a augmenté depuis 2003, elle avoue que “la difficulté est d’avoir des membres actifs”. Alors, si vous êtes intéressés par Tolkien, n’hésitez plus ! Tolkiendil recense aujourd’hui une quarantaine d’adhérents pour la majorité en France, mais aussi en Suisse ou en Belgique.

Le stand de l’association Tolkiendil : magazines faits par les adhérents, goodies, de quoi plaire au plus grand nombre !

N’ayant pas eu le courage de braver le froid du matin roubaisien pour la conférence, plusieurs personnes sont tout de même venues occuper les sièges lors de la table ronde de l’après-midi. On vous l’accorde, le public est principalement masculin. Mais l’éclectisme qui se dégage de ce public est étonnant.  Petits ou grands, lecteur ou cinéphile, tous ont un point commun : la Terre du Milieu. C’est sur ce sujet là que tout le monde se retrouve. Il est étonnant de voir que Tolkien est toujours un auteur fédérateur, malgré les décennies de ses oeuvres.

La fantasy : genre actuel ou vieux modèle?

Lors de la table ronde, trois intervenants nous ont parlé de leur vision de la fantasy. Se trouvaient présents : Pierre Grimbert, auteur du Secret de Ji, Christophe Coquelet, de la librairie Les Quatre Chemins et Bertrand Crapez auteur de L’héritier du roi Arthur. Tous trois ont répondu à des questions larges autour de la fantasy. Pour eux, les origines du genre viennent des légendes arthuriennes. Le moyen-âge, le modèle féodal et la magie (mais en petite quantité) sont autant de codes qui lient la majorité des romans fantasy. Selon Christophe Coquelet, c’est “une littérature des possibles, du merveilleux et de l’enchantement” dans laquelle tout le monde peut se retrouver.

Mais de plus en plus d’auteurs se basent sur ces codes pour faire évoluer le genre. Les héros, avant élus des dieux, deviennent désormais presque héros malgré eux grâce à des choix moraux. Pour Christophe Coquelet, le genre s’approche de plus en plus du réalisme. Même si d’ordinaire le héros principal est un jeune garçon amené à apprendre des choses grâce à ses aventures, le genre tend à s’étendre à la gent féminine. Les écrivaines s’emparent également de l’univers et prennent une place plus importante dans cette littérature. Bertrand Crapez insiste sur le fait que la fantasy était très stéréotypée et que l’actualisation des histoires et des personnages est devenue primordiale. D’ailleurs, les invités n’ont pas hésité à parler des séries humoristiques telles que Noob ou Le Donjon de Naheulbeuk qui ramènent des personnes curieuses vers le genre.

La fantasy est un genre aujourd’hui reconnu et qui ne cesse de se renouveler. Tolkien est toujours fortement d’actualité : le dépassement de soi, la quête de l’identité, la cohabitation entre les différents peuples… Tiens, ça ne vous rappelle pas quelque chose?

Alice SCHEMID & Camille BENAZET