3 × cinq =

10 − 7 =

Aujourd’hui, nous avions juste envie de vous faire découvrir trois pièces que nous avons aimé. Voila. Enjoy !

Si lors de notre précédente chronique, nous vous avions parlé des pièces dont la mise en scène laissait voir les dispositifs para-scéniques (régisseurs, musiciens, coulisses, etc…), il est grand temps de vous parler d’autres spectacles n’ayant pas fait le choix de se plier à cette mode. Il serait bien dommage (et nous sommes certains que vous serez d’accord) de laisser dans l’ombre ces pièces, sous prétexte qu’elle ne se démarquent pas toutes de la même manière.  

Pour les plus littéraires d’entre vous, la merveilleuse Marguerite Duras nous a laissé un texte questionnant le langage, la compréhension de l’autre et la nature même de la communication humaine. La compagnie “La Carambole mûre” nous embarque dans une voyage absurde et drôle tout en intelligence et en légèreté. La mise en scène minimaliste laisse la place à l’imagination du spectateur. Seul bémol : Vu le texte, il aurait peut-être été intéressant de laisser comédiens plus de place au sens propre comme au figuré. L’espace aurait besoin d’être plus occupé, d’être rempli par la présence des comédiens. Les comédiens quant à eux, sont comme enfermés par la nudité de la scène, qui les empêche de partir complètement dans la folie (évidente) du texte.

Si vous aimez les histoires de fantôme, nous vous conseillons fortement Le fantôme et Mrs Muir de la compagnie “Théâtre de la Rencontre”. Plein de finesse, ce spectacle nous conte l’histoire d’une femme veuve qui rencontre l’esprit d’un vieux marin dans sa nouvelle maison au bord de la mer. Loin d’être effrayée, Mrs Muir décide de rester vivre avec le fantôme. Les deux personnages s’apprivoisent et s’apprennent, se servent l’un à l’autre de guide. Des décors réalistes transportent le public dans un monde où tout est possible, et le texte, profondément philosophique, est porté par des acteurs de grand talent ! Le scénario est inattendu, l’idée originale, le tout pour une mise en scène qui nous fait assez bien plonger dans l’univers glaçant des falaises britanniques et des maisons hantées… En tout cas, le cadeau au public est bien là !

Enfin, pour les amoureux de l’Italie (ou de comédie, ou les deux), Fratelli est fait pour vous. Le texte de Dorine Hollier raconte l’histoire de deux frères italiens, deux anciennes stars de l’opéra venus s’installer à Paris. Vieux et infirmes, leur quotidien se résume maintenant à manger leur soupe dans une chambre de bonnes. La mise en scène de Stéphane Cottin est légère et simple avec une pointe de féérie. La misère des personnages est bien contée, rien n’est laissé au hasard, même par leur corps en mauvais état, porté par des comédiens impressionnants. Un humour cynique porte la pièce du début à la fin, sans jamais tarir. La vieille bar de danse, l’armoire miteuse constituée d’anciens casier et le lit grinçant forment un espace où les deux frères sont enfermés. Une prisons à la fois sur le plateau mais aussi dans leurs têtes où ils cohabitent avec leurs rêves déchus.

Le bilan est donc plutôt très positif concernant ces pièces. Ce premier festival d’Avignon tient toutes ses promesses. S’y mélangent les styles, les sensibilités, les façons de voir le théâtre. Continuez à suivre notre actualité sur le Pedromadaire, de bonnes surprises sont à venir !

Le Shaga,
du 7 au 30 juillet à 11h15
Théâtre des barriques

Le fantôme et Mrs Muir
du 7 au 30 juillet à 17h25
Présence Pasteur

Fratelli
du 7 au 30 juillet à 14h 20
Ninon théâtre

Alice Schemid et Alexandre Bron