11 − 7 =

12 − sept =

On ne parle pas ici de Sylvester Stallone frappant des morceaux de viande dans une chambre froide mais bien du groupe lillois Rocky. Le groupe créé en 2011 est en passe de devenir une réfrence française en terme de pop. Avec la sortie de leur premier album “Soft Machines” en 2016, Rocky s’impose comme un groupe qui fait danser et ne laisse pas indifférent. Rencontré-e-s lors du Vercors Music Festival, ils nous ont livré, avec cette bonne humeur que l’on ressent aussi sur scène, ce qui les fait vibrer.

Pedromadaire : Racontez nous un peu la genèse du groupe. Vous avez eu une rencontre insolite, non ?

Laurent : Insolite, c’est-à-dire ?

Pedromadaire : ça s’est bien passé dans une cave ?

(rires)

Laurent : Ah oui mais c’est via des téléphones, hein. En fait, on a un ami commun qui nous a dit que quelqu’un sur Lille voulait chanter, nous, on était trois garçons et on cherchait justement quelqu’un au chant.

Tom : Le lieu où on travaillait, c’était une cave. C’était comme tous les groupes.

Inès : La cave de répèt’ et d’enregistrement.

Pedromadaire : Donc l’alchimie prend tout de suite. Après vous faites des petits concerts ?

Laurent : Non, en fait notre premier concert, c’était au Grand Mix, à Tourcoing en première partie de The Shoes. Une belle salle pour commencer et on a eu beaucoup de chance car suite à ça, on a été un peu repérés et ils nous ont aidés à signer avec le label dans lequel ils étaient.

Pedromadaire : Et puis, il y a eu un tremplin avec la tournée S.A. Ricard…

Laurent : Oui, alors ça c’était longtemps après, 4 ans. Mais c’était pas dans le cadre d’un tremplin, enfin ils en organisent un et ils emmènent les vainqueurs en tournée avec deux groupes dont nous faisions partie.

Le lieu où on travaillait, c’était une cave comme tous les groupes.

Pedromadaire : ça fait quoi de faire la première partie de Puggy ?

Laurent : Surtout qu’on l’a fait 10 fois donc c’était cool. C’était mortel.

Inès : C’est super instructif parce que nous quand on a participé à cette tournée le disque était pas sorti donc c’était un super confort pour tester les morceaux et avec eux qui ont plus de bouteille, quand tu les vois prendre la scène, tu apprends vachement. Une fois que le disque était sorti, ça nous a aussi vachement détendu

Tom : On avait déjà bien rodé le show quoi.

Pedromadaire : En tant que lillois, ça doit faire quelque chose de monter sur la scène de l’Aéronef.

Tous : Oui, grave surtout la grande salle.

Tom : C’était un moment super cool !

Pedromadaire : Votre album est très harmonieux et il y a beaucoup d’origines différentes mais avec un côté électro et ça donne envie de danser. C’est ça qui vous tient à coeur ?

Inès : Oui, ça nous tient à coeur ! Autant, il y avait pas de brief dans la création, autant on a toujours su que l’on voulait faire quelque chose de dansant.

Tom : Tu nous retrouves souvent sur la piste de danse. (rire)

Pedromadaire : Vous êtes plutôt des bêtes de scène. Vous avez un stress avant d’y monter ?

Tom : Ooooh…

Laurent : On avait, on avait…

Tom : C’est en train de disparaître.

Inès : ça dépend des concerts.

Laurent : J’ai jamais expliqué pourquoi d’un coup, euh…

Inès : Tu te chies dessus.

(rires)

Laurent : … alors que ça allait bien depuis cinq-six concerts. Au début, on était très stressés. Sur scène, je suis encore un peu stressé.

Tom : Ah ouais ?

Laurent : Mais pas avant.

Tom : Au début, tu stresses un mois avant, puis après deux semaines avant, après une semaine avant. Maintenant, c’est quelques heures avant. On se met dans le truc. Mais au début, c’est horrible.

Laurent : Quand tu sais que tu as une date, tu te dis : « pourquoi je fais ça ? »

Inès : Tu fais des cauchemars où t’es dans un concert et t’as plus de voix.

Tom : Par exemple, sur une tournée comme Ricard, ça donne beaucoup plus d’assurance.

P : Parce que vous enchaînez vraiment les dates, vous n’avez pas le temps de stresser finalement ?

Laurent : Non, non et puis tu te rends compte que ça se passe bien. Tu prends confiance en toi. Mais il y a toujours des dates particulières qui te font plus stresser que d’autres, celles avec de gros enjeux.

P : L’ambiance de festival, ça aide à effacer un peu ce stress là ?

Laurent : Alors ça dépend, ça dépend des gens.

Tom : Par exemple, Solidays j’appréhendais vachement. En fait, l’ambiance a fait que tu te détend assez vite.

Laurent : Moi c’est l’inverse. A Solidays, j’y suis allé la fleur au fusil, j’étais tout content (rires). Dans le festival, tu vois le public et l’engouement. Ils viennent pour voir des groupes, ils s’en foutent qui, et du coup ils ont une grosse énergie. Ça m’a un peu scotché et je me suis retrouver un peu comme ça face à ces gens si énervés, je ne m’attendais pas à ça.

P : Vous êtes plutôt Rocky I, II, III ou IV ?

Laurent : Un !

Tom : Quatre !

Inès : En vérité, j’ai vu aucun Rocky, c’est la honte !

Tom : Non…

Laurent : Eh ben, vois le un !

Tom : Eh ben moi, j’ai revu le premier parce qu’il était passé il y a pas longtemps sur une chaîne du cable comme on dit (rires), de la TNT, et il est vraiment bien en fait.

Laurent : Le un ? Ouais, il est super.

P : Et le quatre pour le combat contre le communisme, c’est ça ?

Laurent et Tom ensemble : Bah y a Dolph Lundgren.

Laurent : Et dans le trois, il y a Mister T.

Tom : Le quatre, c’est le premier que j’ai vu quand j’étais plus jeune en fait.

P : C’est pour ça que vous vous appelez Rocky ?

Laurent : Alors, ça n’a rien à voir avec le film. Enfin ça n’a pas rien à voir mais c’est parce qu’on voulait un nom hyper simple et déjà connu par tout le monde. Et puis que ça fonctionne dans toutes les langues, ça sonnait bien et ça nous faisait marrer.

P : Il n’y a pas un membre caché qui s’appelle Adrienne ?

Tom : Non, mais on nous a déjà dit que c’était bizarre que personne n’ait pris ce nom avant nous.

Mais on est pas très bières fortes

P : On passe aux deux dernières questions les plus importantes. Welsh ou carbonnade ?

Inès : Moi, carbonnade ! Mais je ne suis pas nordiste.

Tom : Aaaaaaaah, c’est dur, c’est dur. Mon père fait une excellente carbonnade donc je dis carbonnade.

Laurent : Welsh, moi 100 % welsh !

Tom : Ah welsh ?

Inès : Mais toi t’aimes pas les trucs qui cuisent longtemps.

Laurent : Oui, j’aime bien mais je ne les supporte pas : je les digère mal. Je digère hyper mal la carbonnade, j’avoue. Et puis même le welsh, Olive, le batteur du groupe, sa femme fait le meilleur welsh de Lille, je pense.

Tom : Sa carbonnade est pas mal non plus. Pour mon père je suis obligé de dire carbonnade, sinon il se sentirait insulté.

P : Et enfin, Chouffe, Triple Karmeliet ou autres ?

Ensemble : Autres !

Tom : Aucune de ces bières là.

Laurent : Corona, nous on est très Corona. Mais en bière du Nord, Anosteké IPA.

P : Ah quand même !

Laurent : Mais on est pas très bières fortes.

Tom : Moi je peux me tuer pour une Jupiler quoi ! Servie bien fraîche et avec plein de mousse.

A boire avec modération, évidemment.